Après 6 ans d’absence en raison notamment de leurs projets personnels respectifs, revoilà les fumeurs d’herbe assumés de MON groupe de rap ke-je-kiff-a-fon : dans l’ordre, B-Real, Shen Dog et DJ Muggs sont ainsi de retour avec un nouvel album tout joli tout neuf. En voyant les feeturings, la salive me vient à la bouche et se retrouve à deux doigts de déborder. Je me jette donc sur Musicme pour lancer un à un chaque morceau que j’écoute par bribes afin de me faire une première idée.
Bon. Heu comment dire…où sont les “mother fucking bitch” et les “smook weed”? Je l’accorde, voilà un résumé quelque peu laconique et donc peu flatteur quand on parle du meilleur groupe de rap de l’histoire. Il est évident que je suis conditionnné par toutes les heures que j’ai passé à écouter IV, Black Sunday et Temples of Boom (placés dans l’ordre de préférence) et que mon oreille se tend par pur réflexe lorsqu’elle reconnait une chanson de l’un des ces albums. Mon oreille est aussi impatiente (et par la même occasion critique) que moi : elle attend du phrasé agressif qui tue, des instrus noires et sombres et par conséquence une “ambiance”.
Je trouve finalement que l’album est très contemporain, dans l’air du temps, et donc il manque une “touch” Cypress Hill car cet album me paraît au final un peu lisse et en manque de pêche. Je me rends compte avec les années qui passent de la difficulté pour les artistes que l’on écoute depuis le début à se renouveler dans le temps. Le problème se situe peut être dans l’histoire même du rap qui a pour vocation de décrire (sans objectivité) un quotidien, une vie dans un quartier. Il est dans l’ordre des choses que les chanteurs de Cypress Hill criaient leur haine à 20 ans avec une envie réelle de dénoncer et de s’opposer au système mais que reste-t-il 20 ans plus tard?
J’adore le rap et j’adore écouter ce que ces musiciens ont à dire mais je pense que, contrairement à la variété où au rock qui n’ont pas forcément la vocation de coller à la réalité, celui-ci n’a qu’une durée limitée pour les groupes que le pratiquent. Même si la réalité ne change pas, les gens eux changent.
