Le service : 10/10

Lorsque Sampras servait 60% de première balle dans un set, celui-ci allait directement dans la poche. Au yeux de tous, cette arme restera comme l’atout principal de Sampras. A la fin de sa carrière, on le voyait fréquemment servir la même seconde que la première, avec un peu moins de vitesse mais plus d’effet. Son lancer de balle ajoutait encore un peu plus de flou au relancerr tant celui-ci ne donnait aucune indication sur la possible trajectoire. Sébastien Grosjean avait dit, lors de leur première confrontation à Wimbledon en 1998, qu’il lui donnait l’impression de servir sur la ligne du carré de service. Au delà de cette arme incroyable, cela lui donnait surtout la possibilité de prendre le plus rapidement possible le filet.

Retour : 8/10

Peut être le coup le plus friable du jeu de Sampras dans la mesure où soit Pete tapait ce coup de façon très agressive (avec le déchet que cela peut comporter), soit c’était un coup de remise. Par contre, Sampras était un maître incontestable dans le « chip and charge » en retournant soit bloqué soit slicé surtout en revers. Néanmois, dans la philosophie de jeu de Sampras, le retour devait lui permettre de prendre le plus rapidement l’avantage et dans ses plus belles années on pouvait le voir faire de nombreux coups gagnants.

Le coup droit : 9,5/10

Le détonateur de son jeu et le coup qui a inspiré son surnom. Un coup chargé comme une mule (grâce à la technique basée sur le tiré du coude vers l’arrière) dès le premier échange visant à déstabiliser l’adversaire. Sampras était capable de taper un coup droit gagnant de pratiquement n’importe quel endroit du cours malgré une prise marteau qui le ferait passer aujourd’hui pour un Homme de Florès. Surtout, Sampras a laissé une vraie « spéciale » avec ce coup droit en fin de course (http://www.youtube.com/watch?v=Dz47_0dMCME ou http://www.youtube.com/watch?v=W-aQSB7oL4Y&feature=related). Dans une volonté d’accélérer en permanence le cours du jeu, il jouait ce coup pour faire mal tout de suite et son efficacité a été maximale bien évidemment sur surface rapide (gazon, indoor et dur).

Le revers : 8,5/10

Le revers de Sampras reste pour moi le coup où son talent s’est le mieux exprimé. Moins naturel au niveau de l’esthétique que le reste de son jeu, beaucoup de personnes considéraient qu’il s’agissait – de loin – de son moins bon coup. Et c’est justement ce manque de méfiance qui à permis à Pete Sampras d’attaquer avec ce coup où l’on s’attendait le moins. Par contre sur terre battue ses difficultés à bien l’échange et à « gratter » la balle comme un terrien l’ont handicapé grandement (surtout lors de ses dernières années). On pouvait le voir d’ailleurs mettre fréquemment envoyer des bâches, ce qui paraissait déconcertant quand on connaissait la technique du champion. Son slice restait néanmoins une valeur surtout pour le chip and charge.

Volée : 10/10

Dans la panoplie du parfait attaquant, Sampras s’était armé d’une volée aiguisée comme une lame. Il n’est pas étonnant de remarquer qu’au fil du temps c’est vers cette voie là qu’il s’est engagé. On pourrait évidemment penser – et à juste titre – que c’était une forme d’économie d’énergie pour lui, surtout à la fin de sa carrière où il jouait l’attaque à outrance. Dans les bons jours, cela devenait d’une efficacité redoutable (par exemple lors de son 1/4 de finale de l’US Open 2002 contre Roddick http://www.youtube.com/watch?v=EI_ddyn787s). Volée haute, demi-volée, volée amortie en extension, toute la gamme de l’attaquant était représentée, sans compter son incroyable habilité au smash dans ses « slam dunks » (http://www.youtube.com/watch?v=2JDlKYn0p9c).

Mental : 10/10

On ne gagne pas 14 Grands Chelem sans avoir un mental hors du commun. Sampras était un « tueur » froid, ne témoignant que peu d’émotions au cours d’un match (ce qui le poursuivit d’ailleurs tout au long de sa carrière, le public et la presse le lui reprochant). Il était sûr de sa force et s’employait à développer son jeu d’attaque quelque soit son adversaire ou la surface sans en dévier un seul instant. Il gagna notamment quelques matchs mémorables alors que le point de rupture était sur le point d’être atteint. Le record qu’il détient par rapport au nombre d’années consécutives (6) à la 1ère place mondiale est proprement hallucinante et ne sera peut être jamais battu – voir égalé. Son envie de gagner et de ne pas mourir s’est manifestée parfois de manière spectaculaire, comme lors de ce 1/4 de finale en Australie 1995 où, en plein milieu d’un âpre combat contre Jim Courrier, il fonda en larme suite à l’annonce quelques temps plus tôt de la tumeur (incurable) au cerveau de son entraineur, Tim Gullikson. On peut légitimement penser que Courrier a été affecté par la détresse de son compatriote mais encore faut-il aller jusqu’au bout du match (et le gagner).

Tactique : 9/10

Simple et facile en apparence, basée sur une agressivité de tous les instants symbolisée par le chip and charge, la tactique de Sampras s’est avérée être diaboliquement efficace. Cherchant le coup-qui-tue, on l’a vu notamment à la fin de sa carrière jouer ses jeux de retour en marchant pour se concentrer sur ses jeux de service. Il fournissait l’effort durant le money time et pouvait se contenter d’arriver au tie-break pour remporter le set. Cette tactique a connu moins de réussite avec l’arrivée de très grands passeurs (Hewit, Safin) et plus généralement avec l’augmentation du niveau de jeu général. Encore une fois, le seul reproche qu’on pouvait lui faire était son incapacité à trouver la solution pour s’exprimer sur terre malgré une certaine volonté affichée (il fût coaché un temps par José Higueras pour progresser…sans réel succès).

Physique : 9/10

Vitesse, puissance, agilité, Sampras a ouvert la voie dans les années 90 de tennismen hyper complets. Avouons le : il faut en avoir dans le bras pour de taper un coup avec une Wilson Pro Staff de 350 grammes avec un tamis de 580 cm2 et une tension de 35 kg…qu’il a réussi à casser une fois sur un smash (http://www.youtube.com/watch?v=Y53-haOk8as) ! Sampras frappait fort, courait vite et assez longtemps et possédait un jeu de jambes vif et précis. Atteint de la thalassémie – merci aux origines méditerranéennes! – il a souffert des grosses chaleurs et ne doit certaines victoires qu’à un mental en acier lorsque son physique chutait.

Talent : 10/10

Le talent peut se mesurer à la capacité d’improvisation qu’un joueur a lorsqu’il se trouve dans une situation délicate. Quelques vidéos valant mieux que de longs discours, voici un florilège de coups exceptionnels délivrés par Sampras : un revers frappé en faisant un 360 (http://www.youtube.com/watch?v=BxoepTg8JB8), un échange de fou pour remporté le 1er set en final de l’US Open en 1995 contre Agassi (http://www.youtube.com/watch?v=6E7048vLTZM), un petit passing court-croisé (http://www.youtube.com/watch?v=l9eJDtPIAfM) et une sélection de points contre son ennemi préféré lors d’une super victoire (http://www.youtube.com/watch?v=Rkf3tETtqFA).